Fête de tous les saints le 1er novembre, fête des défunts le lendemain, ces deux journées sont rarement honorées pour ce qu’elles sont vraiment. La Toussaint est une fête que le calendrier civil honore par un jour chômé.
Peut-être est-ce cette absence de contraintes professionnelles qui a donné l’habitude de se rendre dans les cimetières et provoqué une assimilation un peu malheureuse entre les deux fêtes… Pourtant, celles-ci se font écho et leur association est, in fine, tout à fait heureuse…

Jusqu’au Xe siècle, il n’existe pas de procédure centralisée : c’est la vox populi qui prévaut et déclare la sainteté. L’évêque du lieu vient confirmer ce choix en « élevant » la personne : élévation, c’est-à-dire exposition du corps ou de parties de corps – voire d’objets avec lui – dans une châsse ou dans un reliquaire.
Sur un plan canonique, le saint est quelqu’un qui a vécu de manière exemplaire en fonction des vertus et a accompli des miracles. Mais à cette perspective officielle se substitue un regard plus démocratique : parce que le chrétien croit le Christ mort et ressuscité, il est déjà saint, mais appelé à croître dans cette sainteté. Croire, c’est croître. Quand je dis à quelqu’un : « Je crois en toi », je lui dis aussi et surtout : « Je croîs en toi, je grandis en toi, je m’épanouis dans ton amour ». En ce sens, un saint est quelqu’un qui a tellement cru… qu’il a crû, qu’il a participé et participe de manière plénière à la vie divine. C’est le sens même, me semble-t-il, du terme « communion ». Communion du saint avec le Christ. Communion de tous les hommes – morts et vivants – qui veulent faire de leur vie une croissance, une élévation, une ascension. Les chrétiens sont donc d’ores et déjà Tous-saints – Toussaint – parce qu’ils célèbrent la joie de l’homme vivant – avec ses imperfections et ses doutes – qui a rencontré Dieu •
Jean-Luc DUBART, poète et journaliste belge - Source Internet