L'EGLISE SAINT HONEST

Les origines de l'église

Elles pourraient remonter au XIIème siècle. Selon certaines sources, l'église existait déjà en 1160. Selon d'autres sources, c'est Hildegarde, première abbesse de l'Abbaye de Yerres, qui créa à cette date une chapelle pour les villageois. Elle y faisait célébrer la messe tous les dimanches par un prêtre logé à l'abbaye.

Qui était Saint Honest ? Un martyr du IIIème siècle, fêté le 16 février. Originaire de Nîmes, disciple de Saint Saturnin alors évêque de Toulouse qui l'avait converti, Saint Honest évangélisa la région de Pampelune en Navarre. Il mourut, martyr, en l'an 270. Ses reliques auraient été rapportées en France par Charlemagne et auraient reposé dans la basilique de Toulouse avant d'être envoyées à Yerres en 1526. C'est à cette date que l'église, qui avait pris la dédicace de ce Saint, a été consacrée par l'évêque.

Saint Vincent était aussi le second patron de l'église, en raison du nombre important de vignerons parmi les paroissiens.

L'architecture

L'architecture de cette église fut plusieurs fois modifiée au cours du temps : si la partie ancienne (sanctuaire) est composée d'une pierre calcaire très solide, la nef présente des matériaux plus légers.

Au XVIIe siècle, l'église connut des modifications importantes : le clocher actuel remplaça un ancien clocheton disposé sur le côté de l'édifice regardant vers le sud-est. 3 chapelles furent construites : c'est l'architecte Jean Thiriot, qui commença les travaux, dans les années 1640.

Le grès, pierre abondante dans le massif du Mont-Griffon, fut utilisé. Les arcades sont soit en plein cintre, allusion au style roman, soit en arc brisé.

Au XIXe siècle, la nef subit des allégements préjudiciables à sa stabilité : vers 1850, l'extérieur de l'église (façade occidentale) subit un replâtrage fantaisiste : le décor en modénatures au pignon de l'église présente un style typique du XIXe siècle, conservé aujourd'hui.. Le petit porche situé au sud de l'édifice fut aménagé en 1853.

La sacristie, placée au chevet de l'édifice, connut un agrandissement au XIXe siècle.

L'architecture intérieure de l'église subit quelques modifications : la charpente de la nef en berceau a ses entraits et poinçons apparents. Elle avait été repeinte en bleue.

Les transformations intérieures et extérieures sont dues à l'architecte Albert Ballu*.

C'est aussi à cette période que l'église fut pourvue de ses lustres (cuivre et cristal) et de ses vitraux, don't certains portent la signature d'Emile Hirsch**.

*Albert Ballu (1849-1939) : élève de l'école des Beaux-Arts, Architecte en chef de l'Algérie, architecte diocésain, restaurateur de nombreuses églises
**Emile Hirsch (1832-1904) : élève de l'Ecole des Beaux-Arts et formé auprès d'Eugène Delacroix, a réalisé de nombreux vitraux à Paris et à l'église Saint Médard de Brunoy.

 

Les objets classés : la Chaire, le Rétable du maître autel, le Couronnement de la Vierge.

Choeur et Nef:

L'aménagement intérieur fut revu entièrement en 1880-81. Le choeur dallé de pierre était situé deux degrés plus haut que la nef, en contrebas, et le sol était en très mauvais état. On nivela le sol en lui donnant une pente pour rattraper cette différence de niveau, et en parquetant l'ensemble. Les carrelages ont été refaits en 1936.

Clocher:

La cloche la plus ancienne y a été installée en 1687, elle ses nomme « Charlotte » et sonne le fa dièse ! Elle doit son nom à Madame Charlotte Catherine d'Angennes de Rambouillet, « abbesse de l'Abbaye royale de NotreDame d'Hyerre ». L'autre cloche encore en service sonne le ré dièse. Elle a été installée en 1817. Le clocher a été consolidé et restauré à plusieurs reprises : en 1865, et en 1949.

Orgue:

Il a été acquis à l'occasion de la rénovation intérieure de l'église en 1872. L'escalier d'accès à la tribune a été refait en 1890.

Vitraux:

ont été installés en 1885 ?86 celui de la chapelle du Rosaire, celui de la chapelle Sainte-Geneviève et ceux des fenêtres de la nef.

Voûte:

sa réfection remonte à 1894. La toiture qui la recouvre a été entièrement rénovée en 1989.

Travaux 2006

Sa rénovation récente par les architectes Claude et Micheline Vermeulin (2005) a respecté le style des précédentes périodes. Le sol, qui marie les tomettes et le calcaire matérialise l'idée du chemin spirituel de l'eau. Avec l'installation du chauffage moderne, à diffusion lente, et la reprise des décorations intérieures et extérieures, à base de chaux aérienne, beaucoup des objets d'art -chaire, lustres, vitraux, tableaux  ont été restaurés à cette occasion. Parmi les objets liturgiques, le bénitier a été restauré et un nouvel autel en pierre, un ambon et une croix, commandés à l'artiste Pierre Le Cacheux, ont été installés à l'initiative de la Municipalité.

Les travaux ont coûté 751 552 € TTC. L'église étant inscrite sur le Répertoire départemental du Patrimoine, sa restauration a bénéficié de subventions : Région (24%), Département (13%), Etat et réserve parlementaire (15%), Commune (48%).

Une crypte, située sous la Chapelle de la Vierge a été découverte. On y a trouvé la sépulture de Jacques Raymond, seigneur de la Grange, mort en 1784.


Dreux de Budé et Eustache de Budé

Châtelains de Yerres, ils sont décédés en 1587 (Dreux Budé) et 1608 (Eustache Budé) à Paris. Leurs coeurs sont ensevelis dans la chapelle seigneurale, première à gauche du choeur. Dreux de Budé fit construire le châtelet d'entrée à deux tours présent aujourd'hui sur l'ancienne porte du château ; son frère était le célèbre helléniste Guillaume Budé.

Jean Thiriot, l'architecte de Louis XIII

Né à Vignot en 1590, mort à Yerres en 1647, Jean Thiriot a sa sépulture dans l'église. Il construisit le château de la Grange du Milieu à Yerres en 1617, puis sa maison dans le « village ». Il fut appelé en renfort par l'ingénieur italien Pompée Targone, ainsi que par le français Jacques Clément qui dirigeait les ouvrages d'art (digues) pour le siège de la Rochelle. Il devint alors par ordre du Roi Louis XIII et de Richelieu, Architecte du Roi. Remarqué par le Duc d'Angoulême, il effectua divers travaux chez lui, au Château de Grosbois en 1639-40. Enfin il construisit les bâtiments de l'ermitage des Camaldules, après que ce même Duc d'Angoulême les ait expropriés du village de Grosbois pour agrandir son propre domaine.